La bouillie bordelaise est un fongicide traditionnel à base de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, utilisé depuis la fin du XIXe siècle sur la vigne du Bordelais contre le mildiou, avant d’être adopté bien au-delà du vignoble. Autorisée en agriculture biologique, elle reste aujourd’hui l’un des traitements préventifs les plus employés au jardin contre les maladies cryptogamiques du rosier : la tache noire (marsonia), l’oïdium et la rouille.
Le cuivre qu’elle contient agit par simple contact sur le feuillage : il bloque la germination des spores de champignons et perturbe la respiration de certaines bactéries pathogènes, les empêchant de se développer. Son action est donc exclusivement préventive, avant toute contamination visible, elle ne peut rien contre un champignon déjà installé dans les tissus de la plante. Non lessivée par la pluie, une application reste active environ trois semaines.
Quand, à Toulon : mi-avril, avant la floraison, pour protéger les jeunes pousses sans risquer d’incommoder les pollinisateurs pendant la floraison.
Comment :
- Diluez la bouillie bordelaise dans l’eau en respectant la dose indiquée par le fabricant (généralement entre 4 et 25 g/L) : inutile de surdoser, l’efficacité n’en sera pas meilleure — des essais ont même montré une efficacité identique à demi-dose.
- Un agent mouillant (savon noir, un peu de lait écrémé) améliore l’adhérence du produit sur le feuillage ; dans ce cas, divisez la dose par deux.
- Pulvérisez un jour sans pluie sur le tronc, les charpentières et les jeunes pousses, en portant gants, masque et lunettes de protection.
- Prévoyez 2 à 3 applications à 15 jours d’intervalle plutôt qu’un traitement unique trop concentré.
- Un surdosage se repère facilement : l’extrémité des feuilles traitées se couvre alors de petites gouttes bleues.
- Respectez la dose maximale autorisée en agriculture biologique (6 g/m²/an) : le cuivre s’accumule dans le sol et peut, à la longue, nuire à sa vie microbienne, premier gage de bonne santé pour le rosier.